
Historique
Histoire des archives militaires
Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, il n’existe pas d’organisme collecteur des archives médicales. Les hôpitaux les conservent et les formations dissoutes les confient aux directions régionales du service de santé des armées. Parallèlement, il existe un service de la statistique médicale, basé à Paris.
En juin 1940, lors du repli devant l’avancée des troupes allemandes, ce service s’installe à Limoges. Il est rejoint par le bureau central de comptabilité du service de santé des armées (BCCSSA), formation du temps de guerre, mobilisée en 1939 et chargée de la comptabilité, de la centralisation et du classement des pièces médicales produites par les formations de campagne.
En 1962, l’établissement actuel naît de la fusion de deux structures, le service de la documentation médico-chirurgicale et le BCCSSA, qui ont coexisté après 1945, et prend le nom de centre d’archives et de statistiques médicales des Armées (CASMA).
En 1971, il s’installe dans le bâtiment d’une ancienne manufacture de chaussures, toujours à Limoges. Il l’occupe encore.
Progressivement, la statistique médicale est transférée à un nouvel organisme, le STIMA, basé à Bégin. En 1972, il devient le centre de traitement de l’informatique médicale des armées (CeTIMA).
Le CASMA prend le nom de SAMA, section des archives médicales des armées, et devient une section du CeTIMA.
En 1984, l’établissement reçoit l’appellation de section des archives médicales hospitalières des armées, la SAMHA, qui met en relief sa spécificité hospitalière.
En 2003, en devenant indépendante du CeTIMA, la SAMHA devient le SAMHA, service des archives médicales hospitalières des armées, qui est rattaché à la direction centrale du service de santé des armées.
En 2010, son insigne et son fanion de formation sont homologués.



Cycle de vie des archives
Dans le service de santé des armées, les archives sont réparties selon leur âge :
– courantes : archives de moins de cinq ans, détenues à l’hôpital
– intermédiaires : après cinq ans, elles arrivent au SAMHA et forment un fonds évolutif, c’est à dire susceptible de rajout
– définitives : après un tri sélectif, elles constituent des fonds non évolutifs, clos ou « morts », et communicable au sens de l’article L312 du code du patrimoine concernant les documents à caractères médicaux et compatibles avec les contraintes des archives défenses
Les archives de la défense sont imprescriptibles : nul ne peut les détruire ou les aliéner en dehors des dispositions légales ou réglementaires.
Valeur des archives
- Médicale : suivi du patient
- Administrative : pensions militaires d’invalidité, instructions d’affaires judiciaires, décorations, carte du combattant, etc.
- Scientifique
- Historique
- Généalogique


Héraldique
Sur un écu traditionnel de fond amarante, couleur du service de santé des armées, prônent, en exergue et en relief, les attributs du service de santé des armées, de couleur or, formés d’un faisceau de trois verges symbolisant les trois branches de l’art de guérir (la médecine, la chirurgie, la pharmacie) autour duquel s’enroule le serpent d’Epidaure qui regarde dans le miroir de la Prudence placé au sommet de la composition. Celui-ci est positionné sur une croix rouge rappelant la vocation hospitalière. Le tout sur un soleil apportant un rayonnement qui fait la lumière sur les archives conservées habituellement dans l’obscurité des lieux de stockage.
Également en relief, les autres attributs du service de santé des armées, les deux branches dorées qui bordent l’écu, l’une de chêne, à droite, pour récompenser les sauveurs, l’autre de laurier, à gauche, pour récompenser les vertus militaires.
Sur fond argenté, à gauche, prônent Athéna, déesse grecque de la guerre, et Asclepios, Esculape chez les romains, dieu grec de la médecine, pendant que Clio, muse grecque de la poésie épique et de l’histoire, écrit pour la mémoire. À droite, figure un lot d’archives composé de registres, de films et de DVD, soulignant la nature et l’évolution des supports des documents conservés.
Un chemin, de couleur bleu foncé, se rétrécissant et surmonté d’une flèche, symbolise le chemin de l’éternité et l’écoulement du temps qui n’a pas de prise sur la conservation de la preuve et de la mémoire : cœur du métier et missions de l’unité.
En haut figurent les initiales de l’unité en lettres capitales dorées incrustées : SAMHA : service des archives médicales hospitalières des armées.
Le bâtiment
Entre 1881 et 1890, un entrepreneur en bâtiment, Pierre Raphanaud, édifie sur ce site une habitation, des écuries, des ateliers et un gymnase sur les plans de l’architecte Vergez. En 1901, il fait appel aux architectes Ménissier et Rocher pour construire une vaste usine. La société Gaston Monteux et Compagnie, exploitante et propriétaire de l’usine de chaussures implantée de l’autre côté de la rue Beyrand depuis 1890, s’y installe. Au lendemain de la première guerre mondiale, Gaston Monteux rachète le site. C’est peut-être à cette date que les ateliers de l’usine s’étendent aux locaux annexes : gymnase, écuries, etc. La société anonyme G. Monteux et Compagnie est, à cette époque, la plus importante usine de chaussures de Limoges, et le restera jusqu’à sa fermeture en 1933. Les locaux de la rue de Châteauroux forment alors la plus vaste usine de chaussures de Limoges. En 1935, les ateliers sont rachetés par la société anonyme du comptoir national d’escompte, puis vers 1940, par l’État, pour le ministère de la Guerre. Les ateliers sont alors reconvertis en entrepôts d’équipements militaires. Ils abritent aujourd’hui la section des archives médicales hospitalières des armées. Dans les années 1990, les immeubles annexes de l’usine ont été démolis, à l’exception des anciennes écuries et de la façade du gymnase, pour laisser place à un nouveau bâtiment destiné au stockage d’archives. Les deux unités de production Monteux regroupent 615 ouvriers en 1914, 1390 en juin 1920, dont 680 femmes et 240 enfants, 1200 ouvriers en 1926, 1250 ouvriers à la veille de la fermeture, en 1933.
Les ateliers sont constitués de deux ailes nord et sud, de 45 et 80 mètres, dotées d’un sous-sol et de 3 étages carrés. Les murs sont en moellon de granite, avec bandeaux, encadrements de baie et chaînages harpés en pierre de taille en calcaire. Les premiers mètres des chaînages sont en granite. Les baies des deux premiers étages carrés sont couvertes d’arcs segmentaires. Les baies du rez-de-chaussée et du troisième étage carré sont couverts de linteaux droits en poutrelles métalliques. L’ensemble est couvert de toits à longs pans à croupes en tuile mécanique. À l’intérieur, les planchers métalliques de chaque niveau sont portés par une rangée de colonnes de fonte, d’un diamètre de 40 cm au premier étage, le diamètre étant décroissant dans les étages supérieurs : 16 colonnes par étage pour l’aile sud, 5 pour l’aile nord, 2 pour l’articulation entre les deux ailes. La charpente des ateliers est en bois, les fermes s’appuyant sur les colonnes. L’accès aux deux ateliers est assurés par un escalier tournant à deux volées droites, installé dans une tour d’escalier en demi-hors-oeuvre, à l’articulation des deux ailes. Entièrement en pierre de taille en calcaire, un soin tout particulier a été apporté a cette partie de l’édifice : baies à meneaux et traverses, bandeaux multiples, consoles, guirlande, lucarne coiffée d’un pot-à-feu, horloge et cloche. L’ensemble est couronné d’un dôme circulaire en ardoise. L’horloge, du constructeur parisien Château Frères, est à double cadran, extérieur et intérieur de l’usine. L’édifice porte l’inscription « Ménissier et Rocher architecte 1901 ». Les anciennes écuries sont en moellon de pierre. Elles sont dotées d’un rez-de-chaussée et d’un étage de comble porté par des piliers de bois. La façade de l’ancien gymnase est en moellon de pierre enduit, avec chaînages d’angle harpés, encadrements de baies, bandeaux, et frontons en pierre de taille en calcaire. Elle est percée de trois baies couvertes en plein cintre. La baie centrale est surmontée des armoiries de la ville de Limoges, d’une table portant l’inscription « Société de Gymnastique et de Tir de Limoges », d’un fronton cintré brisé et d’un oculus. La façade porte les inscriptions suivantes : Vergez architecte, 1881-1890.
Auteurs : Vergez, Ménissier, Rocher

